Des apprentis écrivains partagent leurs astuces de confinés

26/03/20 | Créativité

Bonjour et bienvenue sur le Fouzitou, l’un des nombreux blogs qui aura été créé en cette période où internet soutient (ou remplace, au choix) notre vie sociale. 

Voilà déjà un bon bout de temps qu’on nous a demandés de rester chez nous (j’ai déjà perdu le décompte des jours). Comme tout le monde, j’ai téléphoné à ma famille, à mes amis, et les mêmes questions revenaient : “ Tu as le moral ? Tu arrives à travailler ? Tu te sens pas trop seule ? Tu arrives à faire du sport ? Ah ouais (pas moi), tu utilises quelle appli ?” Et chacun y va de son petit conseil, de sa recommandation.

Alors, j’ai décidé d’utiliser internet pour élargir ce partage. Une semaine après le début du confinement, comme on avait tous eu le temps d’avoir nos hauts et nos bas, j’ai demandé à mes camarades du Master création littéraire de Toulouse de partager avec vous leurs découvertes. 

J’ai pensé que leur témoignage serait particulièrement intéressant, car ce sont des êtres humains un peu à part : 

  • ils sont créatifs et débordent d’imagination pour trouver des solutions
  • ils sont tous plus ou moins hypersensibles, donc particulièrement perméables à ce que la situation peut avoir d’anxiogène
  • leur activité principale consiste à écrire, une épreuve dans laquelle on est seuls face à sa page blanche sans patron ni contrainte, donc ils sont habitués depuis longtemps à se discipliner à la maison (n’est-ce pas ?)

1. Se détendre du slip 

Le gain de temps libre peut facilement apparaître comme un gain de responsabilités. On n’ose pas le prendre comme des vacances, et on se dit qu’il faut le mettre à profit. Pour peu qu’on traîne un peu trop sur internet, les pubs, les influenceur.se.s, chacun y va de sa petite injonction : “Apprenez le mandarin en 30 jours !”, “Challenge fitness quotidien !”, “Astuces pour booster sa productivité à la maison !”. Alors je propose un truc : oublions le mot productivité pour quelques semaines, si vous voulez bien. Votre bonheur passe avant ce que vous produisez, car il est difficile de produire quand on est rongé par le stress et la culpabilité. 

C’est pourquoi je place ici le précieux conseil de Noémie. FAITES LA SIESTE. Au soleil si possible. Ça peut sembler contre-productif, et pourtant… “C’est la chose qui m’a le plus permis de me débloquer dans l’écriture depuis le début du confinement. En fait : accepter de ne rien faire, prendre le temps de laisser son esprit divaguer”. 

People in the Sun, Edward Hopper

2. Mais sortir de notre lit, quand même, hein 

La sieste, c’est la vie, mais physiologiquement on a besoin d’un minimum d’activité physique pour se sentir bien. Dans le master création littéraire, il faut dire qu’on est une majorité de sportifs du dimanche, qui comptons sur nos trajets à pieds et un footing tous les trois ans pour “être en forme”, alors la situation de confinement peut facilement devenir critique. Peut-être que comme moi, l’inquiétude vous a menés devant une vidéo youtube d’une fille en brassière qui vous fait faire 300 squats en criant : “allez les filles ! pensez aux belles fesses que vous aurez cet été sur la plage !”. Vous n’êtes pas obligés d’apprécier ce genre d’expérience. Fort heureusement, il existe d’autres manières de se dépenser.

Sur Youtube, vous pouvez préférer aux vidéos “fitness spécial booty de rêve” des tutoriels d’autres sports, comme la boxe, le yoga, ou la danse. Petite pensée pour ceux qui ont une connexion pourrie, vous pouvez trouver sur le site d’Adriene de très bons cours de yoga à télécharger. Personnellement, je vais suivre le conseil de Sandra, qui a décidé d’apprendre des chorégraphies de danse qu’elle a toujours trouvées cool dans les films, clips, etc., comme par exemple celle de Footloose (non, on ne fera pas de démonstration publique à la fin du confinement, n’insistez pas). Si vous n’avez pas internet ou que vous n’aimez pas youtube, vous pouvez vous écrire sur un papier une suite d’exercices ou de mouvements (mon exemple : une salutation au soleil à faire chaque matin). Vous n’avez besoin que de votre corps et d’un peu de motivation. Noémie, décidément pleine de ressources, vous suggère les bienfaits des allers-retours dans l’escalier. 

3. Le ridicule ne tue pas 

Ça me semble le bon moment pour le rappeler. J’ai beaucoup de chance, j’ai un balcon et la personne que j’aime à portée de main, donc j’ai pensé qu’il ne manquerait pas grand chose à mon équilibre, et j’avais négligé un ingrédient sous-estimé du bonheur. La déconnade. Au téléphone, on parle plus et on déconne moins. On arrive à garder et renforcer plein de belles choses, mais ça me manque, les rassemblements où on chantait, dansait, riait aux larmes. Vous aussi ? Qu’à cela ne tienne : mettez la musique, et défoulez-vous. Oubliez que vous ne savez pas danser ni chanter. A priori, les gens autour de vous ne peuvent pas vous mettre à la porte, alors vous ne risquez rien, au mieux vous les ferez rire. Et sinon, c’est le moment de refaire votre crise d’ado, enfermez-vous dans votre chambre avec votre musique à fond et lancez des projectiles à quiconque vient vous déranger. 

4. Se jeter à l’eau 

Le confinement vous rend fou ? Parfait, profitez de ce grain de folie pour faire quelque chose dont vous rêvez plus ou moins secrètement mais que vous n’avez jamais concrétisé, parce que vous n’avez pas le temps, parce que vous êtes trop vieux, parce que c’est ridicule (cf point précédent). 

C’est le conseil de Juliette : “faire quelque chose qu’on avait envie de faire depuis un moment mais qu’on n’osait pas faire”. En ce qui la concerne, elle a lancé son blog Kerjul fait de la prose (allez voir !). Moi aussi, je me lance enfin après en avoir parlé des mois, et ça fait du bien ! Big up aussi à ma sœur qui se lance dans l’enseignement en ligne, et à tous les autres qui osent quelque chose de nouveau !

Edward Hopper, Rooms by the sea

5. Garder le contact autrement

Depuis le début du confinement, on passe beaucoup de temps à téléphoner à tout le monde, parfois en visio. Et quand on y pense, avant d’être confinés, on ne se retrouvait pas de cette manière, un par un, seulement pour parler, assis sur un canapé. D’un côté, c’est passionnant, ça nous permet de nous rapprocher d’une autre manière. De l’autre, au bout de deux semaines, on peut avoir envie de quelque chose d’un peu différent.

Avec Anatole, qui a été mon coloc quelques temps, j’ai appris que jouer en ligne avec ses potes, ce n’est pas juste gueuler “ouais tire lui dessus on va défoncer les méchants lol”, c’est passer de longs moments avec ses ami.e.s, à rire, parler de tout et de rien, en s’amusant avec ce qui se passe à l’écran. Bref, on peut dépasser nos à-priori et voir ça comme une autre manière de rester en contact. Pas besoin d’avoir un badge officiel de gamer, il existe plein de jeux dans lesquels on peut se lancer gratuitement, comme Brawlhalla (si vous avez envie de vous fighter), We were here (pour les amateurs d’escape game), Overcooked… Sinon, si vous avez des projets en communs, qu’ils soient sportifs, culinaires, artistiques, vous pouvez vous donner un rendez-vous régulier pour vous motiver à le faire ensemble. Si vous ne l’avez jamais fait, n’ayez pas peur de réunir plusieurs personnes par appel vidéo, c’est bizarre la première fois mais ça marche bien : Juliette valide les bienfaits des apéro-skype. 

6. Réduire les écrans 

La situation met internet au centre de notre vie. Apprenons à prendre l’utile, le positif, le fun, et ne pas se laisser avaler par le reste. Ne sous-estimons pas le potentiel addictif des écrans. Pour la plupart des gens de mon âge, ne nous voilons pas la face, on était déjà accros avant, mais alors là, ça peut prendre des proportions catastrophiques si on ne se met pas de garde-fou. Surtout que la télé et internet nous rabâchent toujours le même sujet (vous voyez de quoi je parle ? non ?), et que ceux qui créent du contenu sur internet ont bien compris que c’était leur moment, et même si c’est cool les challenges “un article par jour”, “on fait ceci tous ensemble pendant le confinement”, on peut vite s’y perdre.

Personnellement, j’ai senti que Facebook et Instagram me paralysaient, alors j’ai demandé à une personne de confiance de changer le mot de passe et de ne me donner le nouveau que quand je l’aurais décidé. Une désintoxication nécessaire. Un autre conseil qui a fait ses preuves : mettre en place un jour sans écran de temps en temps. Prévenez vos proches, car c’est une période où on s’inquiète les uns pour les autres, et profitez de ce jour pour prendre conscience de la place d’internet dans votre vie, et découvrir tout ce que votre esprit peut inventer le remplacer. 

7. Rester connectés

On dirait un peu que je dis une chose et son contraire, et pourtant non. Il y a d’autres formes de connexions que celles à la Toile. Justement, ce qu’on vous conseille, c’est de vous déconnecter un peu de celle-ci pour vous reconnecter un peu plus à… autre chose. Et là, c’est à vous de trouver ce qui vous apporte de la paix. Pour Clémence, c’est la méditation. Pour Sandra, c’est la lecture de la Bible et prier, pour ses proches, le corps médical… Pour moi, c’est de mettre le nez dehors et de regarder autour en pensant à tout plein de chose, la vie, la pie qui cherche une brindille pour faire son nid, et me sentir reconnaissante pour ça. Mais ça peut être n’importe quoi, prendre un moment pour boire son café sans rien faire d’autre, fermer les yeux et se concentrer sur sa respiration… Beaucoup de choses attirent notre méfiance quand elles se rapprochent de la spiritualité ou de la religion, mais chacun peut prendre ce qui lui parle et laisser le reste. 

Edward Hopper, morning sun

Enfin, je voulais vous inviter à ne pas prendre cet article comme des injonctions, du style “ta vie sera mieux si tu fais ça”, mais juste comme un partage de choses dont la magie a opéré pour quelqu’un, et ne fonctionnera pas forcément pour vous. Nous sommes tous différents. Par exemple, alors que Sandra se prépare le matin comme pour sortir, Clémence se réjouit de passer la journée dans des habits qui ne s’assument pas en société. Il y a une infinité de choses qui peuvent faire du bien, et qui sont différentes pour chacun. 

Comme dirait Bénabar, “le bonheur ne se trouve pas en lingots mais en petite monnaie”. Dans la série des petites monnaies partagées par mes ami.e.s, j’ai noté en vrac :

  • faire de la mousse au chocolat
  • apprendre à reconnaître le chant des oiseaux
  • revoir les dessins animés de son enfance
  • filmer une vidéo débile pour envoyer à des amis
  • lire en oubliant le temps qui passe…

Voilà, j’espère que vous trouverez dans cette liste quelque chose qui vous fera sourire ou vous aidera d’une manière ou d’une autre. Merci à mes camarades du master création littéraire de Toulouse, Juliette, Noémie, Anatole, Clémence et Sandra, et les autres, pour leur précieux partage.

Je vous laisse avec la nouvelle version de “bisous”, si douce : prenez soin de vous.

Elise

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code